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Le guide

Faire son compost, au jardin ou en appartement

Publié le

Environ un tiers de nos ordures ménagères sont des déchets organiques, selon l’ADEME. Composter les transforme en engrais gratuit, au jardin comme en appartement, avec un peu de méthode et quelques minutes par semaine.

Épluchures, marc de café, tontes, feuilles mortes : chez soi, on produit beaucoup de déchets organiques. D’après l’ADEME (étude MODECOM 2024), ils représentent environ un tiers des ordures ménagères. Le compost les transforme en amendement gratuit pour la terre, et votre poubelle s’allège d’autant.

Ce que dit la règle depuis 2024

Depuis le 1er janvier 2024, le tri à la source des biodéchets est généralisé en France, pour les professionnels comme pour les particuliers. Cette obligation découle du droit européen et de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire.

En pratique, c’est votre commune ou votre intercommunalité qui doit vous proposer une solution. Le ministère de la Transition écologique en cite trois :

  • le compostage domestique : un composteur au jardin, ou un lombricomposteur en appartement ;
  • le compostage partagé : un composteur en pied d’immeuble ou dans le quartier ;
  • la collecte séparée : un bac ou un bio-seau dédié, ramassé par la collectivité.

Les déchets verts du jardin (tailles, branches) peuvent aussi continuer à partir en déchèterie. Pour savoir ce qui existe près de chez vous, interrogez le service déchets de votre mairie.

Choisir sa méthode selon son logement

Il y a une solution pour chaque lieu de vie. Voici les repères de l’ADEME.

Méthode Pour qui Compost mûr en Points forts Points de vigilance
Bac au jardin Maison avec jardin 4 à 6 mois Peu encombrant, protégé de la pluie et des animaux Humidité à surveiller, brassage régulier
Tas au jardin Grand jardin 6 mois à 1 an Gratuit, facile à brasser Accessible aux animaux, exposé aux intempéries
Composteur partagé Immeuble, quartier Comme le bac Compost pour tous, liens entre voisins Demande un référent formé et des voisins motivés
Lombricomposteur Appartement, balcon Environ 4 mois Pas besoin de retourner, récolte simple Sensible au froid et à la chaleur, menu restreint

Le bac se place à mi-ombre, posé directement sur la terre. Un composteur de 1 à 1,5 m³ traite de 1 à 2 tonnes de déchets organiques par an, selon le Réseau Compost Citoyen cité par l’ADEME. Au-delà de 1 000 litres de besoins, prévoyez deux bacs : un pour les apports frais, l’autre pour la maturation.

Le tas convient si vous avez de la place. Quand il atteint 1 m à 1,5 m de haut, on le retourne, on le laisse reposer et on en démarre un autre à côté.

Le compostage partagé suit la même méthode que le bac, avec trois bacs : un pour les apports, un pour la maturation, un pour la matière sèche (broyat, copeaux). L’ADEME conseille de réunir 10 à 15 familles, de désigner un référent formé et de demander l’autorisation du bailleur, du syndic ou de la mairie.

Le lombricomposteur fonctionne avec de petits vers rouges, dans des plateaux empilés. Il se place à l’intérieur (cuisine, cave) ou sur un balcon, à l’abri du soleil, de la pluie et du gel. Les vers mangent en moyenne leur poids de déchets par jour : pour 250 g de déchets quotidiens, il faut au moins 250 g de vers.

Côté budget, l’ADEME indique des équipements d’environ 75 € à 300 € selon le modèle. Avant d’acheter, renseignez-vous : certaines collectivités offrent le composteur ou participent à son financement. Un bac « maison » en planches ou en palettes fonctionne aussi.

Ce qu’on met, et ce qu’on évite

Sans hésiter :

  • déchets de cuisine : épluchures, fanes, marc de café et filtres en papier, pain, laitages, croûtes de fromage, fruits et légumes abîmés ;
  • déchets de jardin : tontes, feuilles mortes, tailles de haie, paille, fleurs fanées ;
  • quelques déchets de la maison : mouchoirs en papier, essuie-tout, cendres de bois, sciure, carton brun (boîtes d’œufs, rouleaux).

Avec modération : les déchets durs (branches, noyaux, trognons) à couper ou broyer ; les coquilles d’œufs et de coquillages, qui ne se décomposent pas mais aèrent le mélange ; la viande en petits morceaux, au centre du tas ; les plantes montées en graines, dont les graines peuvent germer plus tard ; les végétaux malades, pour ne pas propager la maladie.

Jamais : verre, métal, plastique, textiles, contenu des sacs d’aspirateur, couches, sacs plastiques, bois peint ou verni, huile de vidange. Ces derniers vont en déchèterie.

Le lombricomposteur a un menu à part. On n’y met que des fruits et légumes coupés en petits morceaux (sauf poireaux, ail et oignons), des épluchures, du thé et du café avec leur sachet ou filtre, du papier journal, du papier kraft et du carton brun.

La recette en quatre règles

L’objectif est simple : offrir de bonnes conditions de travail aux bactéries, champignons et petits animaux qui décomposent les déchets.

  1. Mélanger moitié humide, moitié sec. Les déchets de cuisine sont humides ; ceux du jardin et le carton sont secs.
  2. Fragmenter. Coupez les déchets de cuisine et broyez ou taillez les végétaux encombrants : la décomposition va plus vite.
  3. Aérer. Brassez au moins une fois par mois, avec une fourche ou un aérateur.
  4. Surveiller l’humidité. Pressez une poignée de compost : quelques gouttes, c’est parfait. Si ça coule, ajoutez des déchets secs. Si rien ne sort, arrosez ou laissez le couvercle ouvert.

Pour démarrer, le printemps et l’automne sont les meilleures saisons. Ameublissez la terre à l’emplacement choisi, puis posez des branches et brindilles broyées : environ 5 cm sous un bac, 10 cm sous un tas.

Pour le lombricomposteur, déposez une litière humide (papier journal, carton, paille), installez les vers, puis attendez 2 ou 3 semaines avant d’ajouter des déchets frais. Quand un plateau est plein, posez-en un nouveau par-dessus.

Les petits soucis. Contre les moucherons, enfouissez les déchets frais et couvrez-les de déchets secs. Contre les fourmis, brassez et arrosez si besoin. Contre les rongeurs, choisissez un bac et posez au fond un grillage métallique à mailles fines, remonté de 10 cm sur les bords.

Récolter et utiliser son compost

Selon la méthode et le volume, le compostage complet prend de 2 mois à 2 ans. On peut utiliser le compost à trois stades :

  • demi-mûr, en paillage pour protéger et nourrir le sol ;
  • mûr, pour nourrir la terre : au moins 4 à 6 mois en bac, 6 à 12 mois en tas ;
  • en support de culture, après au moins 18 mois.

Un compost mûr est sombre, fin, friable, et sent l’humus de forêt. On ne reconnaît plus les déchets d’origine. Petite astuce de l’ADEME : semez quelques graines de cresson dedans ; si elles germent, il est prêt. On le récolte au centre d’un tas au repos, ou par la trappe du bas d’un bac. Dans un lombricomposteur, le compost est prêt en 4 mois environ, dans le plateau du bas. Le robinet donne aussi un jus, le « lombrithé », à diluer à 1/10e dans l’eau d’arrosage.

Ne semez et ne plantez jamais directement dans le compost pur : trop riche, il peut brûler les jeunes plants. Mélangez-le à de la terre.

Quelques doses repères données par l’ADEME :

Usage Quantité
Potager, légumes gourmands (tomates, courges, poireaux) 3 à 5 kg par m² et par an
Potager, besoins moyens (carottes, salades, haricots) 1 à 3 kg par m² et par an
Pelouse, chaque printemps 1 à 2 kg par m², finement tamisé
Jardinière ou pot, à la plantation 1/3 compost, 1/3 terre, 1/3 sable
Jardinière ou pot, chaque année 20 % de compost au maximum

Un sol riche en matière organique retient mieux l’eau, ce qui aide aussi le jardin à traverser les étés secs. Pour aller plus loin, voyez comment récupérer l’eau de pluie et jardiner sans pesticides.

Ce que ça change

Le compost réduit le volume de votre poubelle et vous évite d’acheter de l’engrais. L’ADEME souligne aussi qu’un déchet de cuisine composté n’est pas traité avec les ordures ménagères : il émet moins de gaz à effet de serre que s’il partait en décharge. Le gain exact en kilos et en euros dépend de votre foyer et de la tarification de votre commune : il n’est pas chiffré ici.

Conditions vérifiées en octobre 2026.

Les aides publiques

  • Composteur fourni par la collectivité : Certaines communes et intercommunalités offrent un composteur ou un lombricomposteur, ou participent à son achat. Renseignez-vous auprès du service déchets de votre mairie.

Sources