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Peintures, colles, sols : l’étiquette d’émissions dans l’air intérieur

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Sur chaque pot de peinture, rouleau de papier peint ou tube de colle, une lettre de A+ à C indique ce que le produit relâchera dans l’air de la pièce. Une information obligatoire depuis 2013, utile à condition de savoir la lire.

Ce que dit l’étiquette

Depuis le 1er septembre 2013, les produits de construction et de décoration vendus en France doivent porter une étiquette « émissions dans l’air intérieur ». Son absence est une infraction.

Elle concerne les produits destinés à l’intérieur : revêtements de sol, de mur et de plafond, cloisons et faux plafonds, isolants, portes et fenêtres, et tout ce qui sert à les poser ou à les préparer. Concrètement, on la trouve sur les peintures, vernis, colles, papiers peints, moquettes, parquets ou plaques de plâtre.

Une grande lettre résume le résultat, sur quatre classes :

  • A+ : très faibles émissions ;
  • A et B : niveaux intermédiaires ;
  • C : fortes émissions.

Elle porte sur les composés organiques volatils (COV), des substances qui s’évaporent à température ambiante. Le classement tient compte du formaldéhyde, des COV dans leur ensemble et de neuf autres polluants retenus parce que l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur les a souvent trouvés dans les logements, comme le toluène, le xylène ou le styrène.

Les seuils derrière les lettres

Chaque lettre correspond à une concentration dans l’air d’une pièce de référence, définie par l’arrêté du 19 avril 2011. Pour les deux mesures les plus suivies, en microgrammes par mètre cube :

Classe Formaldéhyde COV totaux
A+ moins de 10 moins de 1 000
A moins de 60 moins de 1 500
B moins de 120 moins de 2 000
C plus de 120 plus de 2 000

La classe A+ correspond aux seuils les plus bas : c’est la lettre à chercher en priorité.

Pourquoi c’est utile

Nous passons en moyenne plus de 80 % de notre temps dans des espaces clos, rappelle l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs. Ce que relâchent les murs et les sols compte donc au quotidien.

Selon l’ADEME, les COV peuvent provoquer à court terme des irritations des yeux, du nez et de la gorge, des troubles respiratoires et des réactions allergiques. Certains sont plus préoccupants. Le formaldéhyde, présent dans des produits en bois, des colles et des vernis, est classé cancérogène avéré pour l’humain par le Centre international de recherche sur le cancer. Contrairement à la plupart des COV, ses émissions peuvent rester stables longtemps.

Les enfants en bas âge, les femmes enceintes, les personnes âgées ou malades sont les plus sensibles à ces polluants, souligne l’Observatoire.

Ce que l’étiquette ne dit pas

L’étiquette est utile, mais elle a des angles morts.

  • Elle ne mesure pas le moment des travaux. Elle décrit les émissions une fois le produit étalé et sec, pas les vapeurs à l’ouverture du pot ou pendant l’application. Même un produit A+ impose d’aérer.
  • Elle ne couvre pas les meubles. Les meubles ne figurent pas dans la liste des produits concernés. Or l’ADEME rappelle que les colles des panneaux de particules libèrent du formaldéhyde pendant plusieurs mois.
  • Elle n’interdit rien. Un produit classé C peut être vendu : l’étiquette informe, elle ne retire pas du marché.
  • Elle est déclarée par le fabricant. Celui-ci doit suivre la méthode de mesure fixée par l’arrêté et pouvoir la justifier en cas de contrôle, mais il n’est pas obligé de passer par un laboratoire agréé.
  • Elle ne dit rien des autres impacts du produit : fabrication, durée de vie, fin de vie.

Bien choisir, rayon par rayon

Peintures. Visez A+. L’ADEME conseille les peintures acryliques ou minérales, sans solvants organiques ou presque.

Sols. Le carrelage est le revêtement qui émet le moins de COV : seuls les produits de pose peuvent poser problème, choisissez-les A+. Pour le bois, l’ADEME conseille un parquet flottant, posé sans colle et verni en usine, classé A+, plutôt que de le vernir soi-même. Pour une moquette ou un tapis, A+ également.

Colles, mastics, enduits. Ils sont concernés par l’étiquette : la même règle s’applique, A+ d’abord.

Murs. Papier peint, tissu tendu, liège, lambris : regardez la lettre avant de choisir la matière.

Meubles. Sans étiquette obligatoire, deux repères : le bois massif plutôt que l’aggloméré, et la seconde main, qui émet moins de polluants qu’un meuble neuf selon l’ADEME. Un label environnemental reconnu peut aussi aider.

Pendant et après les travaux

Le bon produit ne suffit pas, l’air doit circuler.

  • Aérez en grand pendant l’application, puis plusieurs jours après, recommande l’Observatoire. Ensuite, gardez l’habitude d’aérer au moins dix minutes deux fois par jour : voir aérer dix minutes par jour.
  • Évitez de dormir dans une pièce repeinte dans la journée.
  • Anticipez la chambre d’un bébé : l’ADEME conseille de la peindre plusieurs mois avant son arrivée, et de garder la fenêtre ouverte plusieurs jours avant d’y faire dormir un enfant.
  • Évitez les travaux dans les pièces occupées, surtout par des enfants, des personnes âgées ou malades. L’ADEME déconseille de se lancer dans des travaux de peinture pendant une grossesse.
  • Gardez la ventilation en état de marche : une VMC entretenue évacue les polluants en continu.

Et ne comptez pas sur les plantes d’intérieur pour assainir l’air. L’ADEME est claire : en conditions réelles, leur effet est inférieur à celui du renouvellement de l’air. Aérer reste bien plus efficace.

Sources