Le guide
Garder son logement frais pendant une canicule, sans climatiseur
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Un logement se garde frais en deux temps : bloquer la chaleur le jour, faire entrer la fraîcheur la nuit. Ces gestes ne coûtent presque rien et marchent d’autant mieux qu’on les commence avant la vague de chaleur.
Avant la vague de chaleur : prendre de l’avance
Tout se joue au début. Un logement qui a pris de la chaleur est long à rafraîchir avec les seules heures fraîches de la nuit.
Dès qu’une période de forte chaleur est annoncée, l’ADEME conseille de rafraîchir le logement au maximum pendant les nuits qui précèdent. Puis, dès le premier jour chaud, fermez volets et fenêtres en début de matinée : un logement peut se réchauffer très vite, dès la première journée.
Une astuce simple : installez deux thermomètres, un dedans, un dehors. Vous saurez exactement quand ouvrir et quand fermer.
Ces réflexes vont compter de plus en plus. Selon Météo-France, cité par l’ADEME, la France devrait connaître cinq fois plus de vagues de chaleur en 2050 que dans les années 1990.
Le jour : bloquer le soleil et l’air chaud
Quand le soleil traverse une vitre, il chauffe la pièce comme une serre. Le but est donc de l’arrêter avant qu’il touche le verre.
- Fermez les volets avant que le soleil n’atteigne la façade. Avec des volets battants ou pliants, vous pouvez les orienter pour faire de l’ombre sans les fermer complètement.
- Sans volets, en copropriété par exemple, des stores intérieurs limitent un peu la surchauffe, même s’ils sont moins efficaces qu’une protection extérieure.
- Préférez les couleurs claires pour les stores et les volets : blanc, jaune, orange clair renvoient la lumière et absorbent moins la chaleur.
- Fermez les fenêtres tôt le matin. Pendant une canicule, la température grimpe dès le début de matinée.
Santé publique France ajoute une nuance utile : du côté ombragé, vous pouvez garder les fenêtres ouvertes si cela crée un courant d’air. Suspendez alors une serviette humide devant l’ouverture : en s’évaporant, elle rafraîchit l’air. Si aucun courant d’air ne se forme, gardez tout fermé.
La nuit : faire entrer la fraîcheur
Les murs, les plafonds et les planchers stockent la chaleur toute la journée. La nuit, il faut la leur reprendre.
- Ouvrez en grand dès que l’air extérieur est plus frais que l’intérieur : stores, volets et fenêtres, recommande Santé publique France. L’idéal est la nuit et le petit matin, au moment le plus frais.
- Créez un courant d’air. Les logements traversants, ouverts sur deux façades, se rafraîchissent le mieux.
- Sur plusieurs niveaux, ouvrez en bas et en haut. L’air chaud monte et sort par les fenêtres de l’étage, poussé par l’air frais qui entre au rez-de-chaussée : c’est l’effet cheminée.
- Méfiez-vous des terrasses. Le béton ou la pierre restés au soleil relâchent leur chaleur le soir. Ouvrir une porte-fenêtre sur une terrasse brûlante peut faire entrer des degrés au lieu d’en chasser.
En ville, les nuits restent plus chaudes. D’après l’ADEME, l’écart avec la campagne est de l’ordre de 3 à 4 °C lors d’un été classique à Paris, et peut atteindre 5 à 10 °C en période de canicule. Raison de plus pour aérer aux heures les plus fraîches, la nuit et au petit matin.
Moins de chaleur produite à l’intérieur
Chaque appareil allumé est un petit radiateur.
- Limitez le four. Si vous devez cuisiner, faites-le aux heures les moins chaudes, quand vous pouvez aérer.
- Éteignez ordinateurs et consoles qui ne servent pas : selon l’ADEME, ils peuvent ajouter plusieurs degrés dans une pièce.
- Laissez le sèche-linge au repos et faites sécher le linge à l’air libre.
Le ventilateur, un allié bon marché
Le ventilateur ne refroidit pas l’air, il le brasse. Mais l’air en mouvement sur la peau donne une vraie sensation de fraîcheur.
- Le ventilateur de plafond brasse l’air de toute la pièce. L’ADEME estime qu’il donne une sensation de 2 à 3 °C de moins que la température réelle.
- Humidifiez légèrement votre peau : l’effet fraîcheur augmente.
- Éteignez-le quand vous quittez la pièce : il ne sert à rien sans personne devant.
Côté budget, l’écart est net. D’après une enquête de 2022 citée par l’ADEME, faire fonctionner un ventilateur coûte environ 8 € par an, contre environ 140 € pour un climatiseur mobile. Ce dernier oblige en plus à laisser une fenêtre entrouverte pour sa gaine, par où la chaleur rentre.
Pour soi, au quotidien
Le logement n’est qu’une partie de la réponse. Santé publique France rappelle les réflexes qui valent pour tout le monde pendant les fortes chaleurs :
- Boire de l’eau régulièrement, avant d’avoir soif.
- Rester au frais chez soi ou dans un lieu frais proche : bibliothèque, cinéma, magasins, piscine, pièce rafraîchie. Éviter de sortir avant la fin de journée.
- Privilégier les activités douces.
- Manger frais et équilibré.
- Limiter le café et le thé, éviter l’alcool, qui favorisent la déshydratation.
Les personnes âgées ou handicapées peuvent s’inscrire sur le registre de leur commune pour recevoir de l’aide pendant les fortes chaleurs.
À plus long terme : préparer les étés suivants
Certains aménagements rendent le logement plus facile à garder frais, été après été.
- Végétaliser autour de la maison et sur le balcon. Les plantes font de l’ombre et rafraîchissent l’air en rejetant de l’eau par leurs feuilles.
- Planter des arbres à feuilles caduques devant les fenêtres au sud et à l’ouest : ils font de l’ombre l’été et laissent passer le soleil l’hiver. Une haie à l’ouest freine aussi les rayons de fin de journée.
- Limiter le béton et la pierre autour de la maison, au profit du gravier et des terrasses en bois.
- Isoler sous le toit. Les logements sous des toits insuffisamment isolés peuvent connaître des températures encore plus élevées, note l’ADEME. Voir isoler ses combles.
Si vous décidez malgré tout d’installer une climatisation, ne la choisissez pas dans l’urgence. L’ADEME conseille un modèle fixe, bien classé sur l’étiquette énergie, et de ne pas le régler sous 26 °C. Passer la consigne de 23 °C à 26 °C divise la consommation d’électricité par trois, selon une étude de l’agence.
En cas de doute, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.